Quelle surface pour une terrasse en bois ? Le calcul selon vos usages

Quelle surface pour une terrasse en bois ? Le calcul selon vos usages

Trente mètres carrés de lames, « pour être tranquilles ». C’est la première idée d’une famille de quatre personnes qui veut couvrir de bois tout le rectangle de pelouse, six mètres sur cinq, situé devant sa porte-fenêtre. Le calcul qui suit, mené sur cet exemple, montre qu’elle peut faire aussi bien avec nettement moins, et éviter de payer, de poser puis d’entretenir des mètres carrés qui ne serviraient à rien.

Partir de ce qui se passera sur la terrasse

Une terrasse se dimensionne comme une pièce : par ses usages. Dans notre exemple, la famille veut déjeuner à huit les week-ends d’été, installer deux bains de soleil et passer librement de la porte-fenêtre au jardin, y compris un plat dans les mains. Le barbecue restera sur la pelouse, à distance de la façade.

Chaque usage occupe une surface que l’on peut estimer à partir de repères courants en aménagement. Ce ne sont pas des normes, mais ils évitent les mauvaises surprises au moment de recevoir.

Combien de mètres carrés pour chaque usage ?

Pour huit convives, comptez une table d’environ deux mètres sur quatre-vingt-dix centimètres. Autour, il faut pouvoir reculer sa chaise et se lever sans heurter le voisin ni basculer au bord des lames : prévoyez 80 centimètres à un mètre de dégagement de chaque côté où l’on s’assoit. Avec 90 centimètres, la zone repas occupe un rectangle de 3,80 mètres sur 2,70 mètres, soit un peu plus de dix mètres carrés.

Un bain de soleil mesure en général autour de deux mètres de long pour 60 à 70 centimètres de large. Deux transats côte à côte, avec un passage entre eux, tiennent dans un rectangle de 2,20 mètres sur 2 mètres : un peu plus de quatre mètres carrés.

Reste la circulation. Un passage d’au moins 90 centimètres entre la porte-fenêtre et le jardin, qui ne traverse ni la zone repas ni les transats, représente sur une longueur de cinq mètres encore 4,5 mètres carrés.

Total : environ 19 mètres carrés. Avec une marge pour quelques pots et une desserte, la famille arrive à 21 ou 22 mètres carrés, soit plus d’un quart de moins que le rectangle de départ.

Et la forme de la terrasse ?

La surface ne dit pas tout. Vingt-deux mètres carrés en bande de deux mètres le long de la façade ne s’utilisent pas comme vingt-deux mètres carrés plus ramassés : sur une bande aussi étroite, la table ne passe pas avec ses chaises reculées. Pour un usage repas, le calcul précédent montre qu’il faut compter près de trois mètres de profondeur depuis la façade.

La forme en L règle souvent le problème quand le jardin s’y prête : une partie profonde pour la table, une aile plus étroite pour les transats ou la circulation. Elle permet aussi de contourner un arbre, un regard ou une descente d’eau sans découpes compliquées.

Dernier réglage, plus technique : ajustez si possible une des dimensions à la longueur des lames proposée par votre fournisseur, ou à un multiple simple. Quelques centimètres gagnés ou perdus sur le plan peuvent éviter une rangée entière de coupes et réduire nettement les chutes.

Ce qui grignote la surface sans qu’on y pense

Sur le papier, le calcul est juste. Sur place, plusieurs détails le perturbent. Les grands pots, souvent oubliés, occupent chacun l’équivalent d’une chaise. Les volets battants de la porte-fenêtre condamnent une bande devant la façade. Une descente d’eau pluviale ou un regard impose de découper les lames ou de décaler la structure. L’ombre, enfin, décide de l’endroit où l’on déjeunera vraiment en juillet, qui n’est pas toujours celui qu’on avait prévu sur le plan.

Pour ne rien oublier, mieux vaut visualiser l’ensemble avant de commander le bois. Un configurateur terrasse 3D en ligne comme Kap Designer, pensé pour les terrasses et les balcons, permet de tracer la forme, de placer les portes et fenêtres, de délimiter les zones d’ombre, puis d’y poser le mobilier existant et les pots. On voit tout de suite si la table tient encore une fois les bacs à leur place, ce qu’aucun croquis sur un coin de nappe ne montre aussi bien.

Plus petit, souvent plus durable

Huit mètres carrés de moins, ce sont plusieurs dizaines de mètres linéaires de lames en moins, autant de lambourdes et de vis épargnées, et une surface de sol qui reste vivante et perméable. C’est aussi moins de bois à nettoyer et à saturer chaque année. L’économie de matière permet en outre de monter en gamme sur l’essence : un bois local naturellement durable comme le robinier, ou un douglas purgé d’aubier, plutôt qu’un bois exotique venu de l’autre bout du monde.

Enfin, une terrasse se prolonge plus facilement qu’elle ne se réduit. Si la famille découvre au bout de deux étés qu’il lui manque un coin lecture, il sera toujours temps d’ajouter quelques mètres carrés dans le prolongement de la structure, à condition d’avoir prévu ce raccord dès la conception. Démonter des lames en trop, en revanche, ne rend jamais l’argent dépensé.

Une fois le plan arrêté, matérialisez les contours de la future terrasse avec des piquets et une ficelle, posez-y votre table actuelle et quelques chaises, et déjeunez dessus un dimanche. Une heure suffit pour savoir s’il manque cinquante centimètres, ou s’il y a deux mètres de trop.